70, 71, 72… Combien encore ? La FNACAV s’associe pleinement à la dénonciation et la condamnation de ces violences qui conduisent au meurtre ou à des incapacités graves et permanentes pour nombre de victimes?.

Combien d’enfants témoins, orphelins, victimes de la violence de l’un et des effets de la violence sur l’autre, comme une mère déprimée, dévalorisée, maltraitée ?

Combien de répétitions traumatiques, transgénérationnelles et autres qui pèsent sur les victimes ?

Un coût social astronomique, notamment pour les enfants confrontés à ces violences qui ont de bien plus grandes chances d’échouer scolairement, de reproduire la violence et d’adopter des conduites à risques pouvant mener à la délinquance, la radicalisation de la pensée et diverses voies pathologiques, aussi bien sur le plan physique (accidents corporels, overdoses, tentatives de suicide, cancer, diabète,…) que psychique.

Le renforcement de la loi et la haute protection des victimes nous semblent êtres les priorités absolues de notre société. Les moyens à donner pour ce faire représentent un faible investissement en regard des bénéfices que nous aurons en retour.

Les féminicides auxquels nous assistons et les observations menées par ailleurs nous apprennent que les phases de séparation sont les plus dangereuses et les plus à mêmes de conduire à ce type de passage à l’acte. Il nous faut donc considérer particulièrement les enjeux de ces moments symboliques ou réels pour en déjouer les mécanismes.

Un regard croisé sur cette problématique et les moyens pour lutter contre ces violences et en réduire le plus grand nombre nous montre que ces mesures doivent être associées à des mesures d’accompagnement spécifiques pour les agresseurs. Les études provenant de nombreux pays dont le Canada, précurseur en la matière, montrent le réel intérêt de la prise en charge des auteurs de violences conjugales, réduisant ainsi les risques de récidive de 50% à 20%.

L’accompagnement de ces personnes au moment de la séparation et plus encore dans ce moment où, interdit de domicile et d’approcher leur compagne, il peuvent avoir le sentiment d’avoir tout perdu et de ne plus rien avoir à perdre, apparaît être un moyen de prévention efficace.

Pourtant les moyens manquent et plus encore pour la prise en charge des auteurs. Un budget de 50 000 Euros pour une Fédération Nationale et Européenne semble hors d’atteinte alors qu’il permettrait un plus grand maillage du territoire et la promotion d’actions de portée nationale en direction de ces personnes. De même, après plus de trente années d’investissement dans la lutte contre les violences faites aux femmes, l’Association de Lutte Contre les Violences à Paris qui assure une prise en charge des auteurs de violences se retrouve sans moyens pour fonctionner rendant encore plus précaire la prise en charge des auteurs alors que nous sommes très peu d’intervenants pour Paris et la région parisienne. Là aussi un budget de 40 000 Euros qui est une très faible somme paraît aujourd’hui impossible. Ces économies réalisées au détriment de la prévention de la récidive et des phénomènes de transmission de la violence sont non sens puisque les coût financier et humains sont autrement plus conséquents une fois les actes accomplis (le traitement de la violence coutant bien plus cher que la prévention).

Alors urgence il y à, oui! Urgence à répondre aux nécessités qu’imposent cette problématique : Renforcer la loi et son application, mieux considérer et aider les victimes, accompagner les auteurs dans des structures spécialisées.

Alain Legrand, président de la FNACAV

This entry was posted in _actualités, articles, médiathèque. Bookmark the permalink.