Le Home des Rosati traite le problème des violences conjugales à sa source


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Le Home des Rosati est né de la volonté d’un procureur. Cette structure, au sein de laquelle travaillent plusieurs associations, peut héberger huit hommes en mesure d’éloignement. Une alternative à l’incarcération proposée par les juges. Ces auteurs de violences font l’objet d’un suivi sociopsychologique dont le but est de les responsabiliser face à leurs actes. Un travail pouvant aller d’un à quatre mois.

«  Quand ils arrivent ici, les hommes ne comprennent pas, sont dans le déni, indique Louise Mulliez, éducatrice spécialisée. Ils trouvent que la peine est disproportionnée.  » Ils minimisent les faits, les banalisent, il faut changer leur système de pensée : «  Nous les amenons à se questionner, à travailler sur leur représentation femme/homme, qui est extrêmement sexiste  », explique Roxane Amyot, psychologue à l’association Clotaire.

Mais il n’y a pas de profils types. Ces hommes sont souvent primo-délinquants. Leur passage à l’acte est la plupart du temps déclenché par une trop grande consommation d’alcool. Un facteur aggravant pour la justice. Au centre Clotaire, à Saint-Nicolas-lez-Arras, ils participent à des groupes de responsabilisation à raison de trois séances par semaine. «  L’idée est qu’ils soient en capacité de dire qu’ils ont bien commis des violences conjugales, explique Benoît Durieux, directeur du pôle hébergement et insertion de Solfa. Soit ils se responsabilisent, soit c’est la prison. La responsabilisation est une chance pour eux. Ce rapport gagnant-gagnant leur est expliqué dès leur arrivée. »

Le travail porte ses fruits : moins de 8 % des hommes passés par le Home des Rosati récidivent. «  S’il y a une prise de conscience chez les auteurs, le juge peut être plus clément  », ajoute Louise Mulliez. Traiter le problème à sa source à des effets bénéfiques dans les deux sens.

«  La responsabilisation des auteurs de violences conjugales participe à protéger les victimes, ajoute Djamila Merzagui, directrice du Coin familial. Une femme meurt tous les trois jours en France suite à des violences conjugales. Et ce nombre n’a pas changé depuis 2015…  » La France manque peut-être de Home des Rosati.

Un procureur en guerre. En 2006, Luc Frémiot, procureur de la République à Douai à l’époque, sollicite la communauté urbaine d’Arras pour mettre en place un dispositif de lutte contre les violences intrafamiliales. Il veut créer un lieu permettant l’éloignement des conjoints violents avec une prise en charge pour lutter contre la récidive. Le Home des Rosati ouvre en 2008, à Arras.

Un travail pluridisciplinaire. Le travail qui est mené au Home des Rosati est pluridisciplinaire. En 2016, 54 hommes y ont été accueillis. Plusieurs associations interviennent dans la structure : Le coin familial (qui lutte contre l’exclusion sociale et professionnelle), Solidarité femmes accueil, Solfa (qui s’occupe de la prise en charge des femmes sur tous les sujets, dont les violences conjugales) et Clotaire (qui lutte contre la récidive en matière de violences conjugales et intrafamiliales).

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