Le mot du président


(Le texte ci-dessous a été rédigé par le président de la FNACAV, M. Alain Legrand, dans le cadre de l’Assemblée Générale du 17 mars 2017. Ce texte est extrait du rapport moral et d’activité 2016).

Dans un contexte socio-économique difficile, la FNACAV a du mal à exister. L’urgence se fait jour et demande aux acteurs sociaux et politiques de se déterminer sur le bien fondé de nos actions et de l’intérêt qu’elles représentent. L’absence de subvention versée par le  Ministère du Droit des Femmes nous inquiète et nous interroge sur le regard qui nous est porté. De même et de façon plus générale, les subventions qui se tarissent également pour d’autres structures intervenantes.

Il ne semble pas encore évident à tous que la lutte contre les violences faites aux femmes, aux hommes et aux enfants dans les relations de couples ou familiales passe nécessairement par l’accompagnement et la prise en charge du plus grand nombre d’auteur-e-s de ces violences. Pourtant, toutes les études légitiment cette approche et montrent, plus généralement, les bénéfices et résultats que nous pouvons en attendre sur le long terme. Par ailleurs et dans une vision plus globale des problèmes auxquels se heurtent nos sociétés modernes, les bénéfices dépasseraient grandement les résultats premiers attendus. Ils permettent une plus grande « ouverture au monde » pour les bénéficiaires de ces prises en charge, ce qui ne manquera pas d’impacter, en particulier, leurs propres enfants.

Il ne saurait y avoir de prévention sans penser l’Auteur-e de violence. Sur le terrain, que ce soit au niveau judiciaire ou pénitentiaire, des travailleurs sociaux ou des intervenants dans l’accompagnement, un large consensus se réalise autour de l’aspect positif de nos prises en charge. Nous savons que la seule condamnation, même sanctionnée, ne suffit pas à modifier les schémas de pensées sous-jacents à l’exercice de la violence. Au mieux, elle bloque certains modes de l’agir violent, mais n’en modifie pas les fondements. Le risque d’une répétition reste fort et souvent sous des formes plus subtiles ou perverses.

Devant ce constat, la nécessité de proposer des prises en charge spécialisées au plus grand nombre et, les moyens qui s’y réfèrent, devient une évidence. D’autant que les moyens engagés trouvent à court, moyen et long terme des « retours en investissement » très favorables pour la société.

Nous allons donc interroger plus grandement les politiques sur cette question, en attendant d’eux un positionnement clarifié, que nous espérons favorable parce que correspondant aux enjeux de nos démocraties modernes. La France présente toujours un certain retard en ce domaine malgré le rang de notre pays dans ce monde. Pourtant, la France reste initiatrice de la lutte contre ces violences. Violences qui ne peuvent plus aujourd’hui, au vu de notre niveau de développement et de connaissances, trouver de bases morales, éducatives et autres. La compréhension actuelle du fonctionnement mental et du développement neuropsychique des individus nous impose de réfléchir à cette opportunité qui nous est donnée, notamment par le biais de l’obligation de soin, dans les approches que nous proposons pour lutter contre la violence, d’un point de vue général et particulier pour notre domaine d’intervention.

Mais l’année 2016 ne se résume pas à cette difficulté, loin de là comme en témoigne encore une fois, les adhérents de la Fnacav et, en particulier nos administrateurs toujours hautement impliqués dans le fonctionnement de notre fédération.

Les journées régionales et les échanges et réflexions qu’elles suscitent en sont une concrétisation, et leurs vertus dynamisantes un « effet de surcroît ». Le lancement de notre enquête sur les stages de responsabilisation et ses résultats nous a également occupé et fourni une source de renseignements intéressante sur nos activités et les différentes conceptions afférentes. De même, notre participation au colloque « Violence Conjugale & Famille » qui s’est tenue à Paris le 29 juin et nos articles parus dans le dernier livre édité par notre Vice-Président R. Coutanceau.

Dans l’esprit d’ouverture et de développement qui est le nôtre, je citerai les Journées Francophones à ANVERS qui nous ont permis de rencontrer quelques uns de nos partenaires européens. D’autres échanges sont en perspective, en vue d’établir des moyens de coopération et la réalisation d’un réseau francophone au sein du réseau européen.

Ainsi, la FNACAV, c’est un plein de questions, des éléments de réponses, des adhérents en action et des idées pour avancer. C’est donc avec optimisme que nous pouvons imaginer les futurs développements de la FNACAV pour peu qu’une reconnaissance politique pleine et entière, considère l’intérêt majeur de nos actions pour les buts qu’ils se sont fixés.

Je terminerai ce « mot du Président » en souhaitant la bienvenue aux nouveaux adhérents de cette année 2016, l’AAE44 en Loire-Atlantique, L’ARPAS dans le département des Alpes-Maritimes, AUVIV dans la Haute-Saône, le SCJE qui couvre de larges territoires et Sos Violences Conjugales 42 dans la Loire (structure que nous retrouvons parmi nous après une absence également liée au manque de moyen). Enfin, un regret pour le départ de l’association AREL à la Réunion qui a fermé ses portes faute de budget.

 

Bien à vous, pour la FNACAV, Le Président, Alain LEGRAND

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